L'entrain extraits

Entrain visuel jacinthes

Gâchis

Les lendemains de fête, dans ma gorge râpeuse, ont le goût âcre de cendres froides. Mes yeux secs des fumées grises, mes lèvres veuves, clignent et battent encore pourtant. Rauques, quelques notes s’accrochent, puis déchantent. La fête jaune a ri de tout son saoul et me laisse orphelin, ballant, dérisoire, aux pieds des tabourets géants. Puis, de guerre lasse, j’emprunte gestes raides, sourires effilochés, et me parle d’ailleurs.

 

 

Papillons noirs

Je crains qu’on se répète et qu’on le sache brutalement, incapables de renier les mots capitonnés, les gestes empruntés qui nous ont faits, défaits. Alors, je me poste à demi près de tes parfums blets et je m’étiole au joug de notre hasard cruel. Si ta force a raison de nos vagues frileuses, peut-être enfin je baisserai la garde et j’ouvrirai les bras sans peur de nous vieillir.

 

 

Epure

De mon strapontin, je regarde la vie gommer mon pedigree du grand carnet mondain, sans hâte, sans colère. Mes quelques notes appliquées et tendues s’érodent inexorablement, dérisoires, soumises. Lest largué, ne reste que nécessité. Amours, amis, comme ils vont, comme ils passent. A couver le feu, j’ai brûlé mes bateaux. A présent, ailes rognées, je m’accommode d’horizons de fortune, comme un merle à la cage de son insignifiance. Inconsolable, il martèle sa chanson, incapable de battre en brèche dans les coulisses de la dérision.