Echos littéraires

En vrac, quelques propos interpellants sur la littérature glanés au fil de mes lectures.

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Sur Blanchot

Pour lire Blanchot, le lecteur doit consentir à entrer dans un langage qui, bien que jamais réellement difficile, surprend, et demande, essentiellement, face à la syntaxe ardue et la méthode rigoureuse, de pousser jusqu'au bout, à la fois la pensée et le langage, ainsi que la tension entre l'un et l'autre.

Si l'œuvre de Blanchot peut déranger c'est moins du fait de son exemplaire profondeur incomprise que de ses lourdeurs rhétoriques, de ses enflures stylistiques et de sa vacuité incroyable ! Blanchot dérange parce qu'il nous ennuie ! 

Par ses outrances et ses contradictions, Blanchot aura révélé tout ce qu'il y avait d'illusoire dans l'avant-gardisme français. C'était une révolution en chambre qui préparait un conformisme de la transgression qui nous étouffe aujourd'hui.

J'ai appris à taper en me servant du Dernier Homme de Maurice Blanchot. La raison en est simple. Le livre est admirablement écrit, chaque phrase est splendide en elle-même, mais ne signifie rien. Il n'y a pas de sens qui vous accroche, qui vous arrête. Il n'y a que des mots. Texte idéal pour tâtonner sur le clavier de la machine. (Cioran)

 

Sur  Cioran

Condamné à la lucidité et au reniement permanent, Cioran trouvera un sursis existentiel dans la voie de l'esthétisme et l'écriture, soit romanesque soit poétique. L'attention soutenue au style de son écriture, le goût prononcé pour la prose et les aphorismes deviennent alors des moteurs assurant sa vitalité. Aussi s'éloignera-t-il des idées pures, perdant parfois son lecteur, ou l'obligeant plutôt à ne pas tout comprendre. La poésie devient autant un moyen de traduire sa pensée qu'un sursis ou remède temporaire face à sa lucidité. « Elle a – comme la vie – l'excuse de ne rien prouver ».

Il dira ne vouloir garder secrète que sa vie privée/intime : sa vie amoureuse, la part heureuse et optimiste de son existence, car « le bonheur n'est pas fait pour les livres ».

 

De Baudelaire

Quel est celui de nous qui n’a pas, dans ses jours d’ambition, rêvé le miracle d’une prose poétique, musicale sans rythme et sans rime, assez souple et assez heurtée pour s’adapter aux mouvements lyriques de l’âme, aux ondulations de la rêverie, aux soubresauts de la conscience ?

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